Un petit résumé de la saison

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Alors, que s'est-il passé en 2005 ? Et bien beaucoup de choses. La création du Pro Tour fut l'évènement majeur de l'intersaison et cette grande réforme semble porter ses fruits: plus de compétitions de haut niveau, plus de concurrence, plus de spectacle. Cette réforme est élitiste, elle a nivelé par le haut la hiérarchie cycliste et a réduit le nombre d'équipes performantes mais la qualité des courses en a été augmenté. Il suffit de constater à quel point les classiques printanières et l'actuel Tour d'Italie nous ont offert un très joli spectacle.

Le classement du Pro Tour offre une bien meilleure hiérarchie que l'ancien classement UCI, qui pouvait être dominé par des coureurs présents toute l'année dans des courses moyennes mais absents des grands rendez-vous, tel Zabel qui arrivait à faire partie des 3 meilleurs coureurs mondiaux en n'ayant remporté aucune grande victoire en 2004. De même, les coureurs de juillet, ceux qui misent leur saison sur le Tour sont logiquement mis en retrait par ce classement; ce qui n'est pas plus mal, peut-être pouvons-nous espérer une présence accrue de ces coureurs lors des autres épreuves.

Ainsi, le Pro Tour a débuté et a offert de jolies passes d'armes. A citer notamment: la victoire de Julich dans Paris-Nice (un grand retour en forme pour le 3ème du Tour 1998, absent des classements depuis), Freire dans le Tirreno Adriatico, Di Luca dans le Tour du Pays Basque, Botero au Tour de Romandie, Popovych au Tour de Catalogne pour les courses par étapes. Dans les classiques: Petacchi à Milan San Remo, Boonen au Tour des Flandres et à Paris Roubaix, Di Luca à l'Amstel Gold Race et à la Flèche wallone et Vinokourov à Liège-Bastogne-Liège.

Les classiques furent splendides. Mention spéciale à Tom Boonen, sans conteste le champion de l'année pour le moment. Le jeune Belge agé de 24 ans seulement a réalisé un début de saison fulgurant. 2ème du het Volk, 8ème de Milan San Remo, 1er du GP E3, 1er du Tour des Flandres, 1er de Paris Roubaix, 4ème du GP de l'Escaut. Jamais un coureur n'avait autant dominé les classiques depuis Johan Museeuw. Pas un cannibale mais presque.

Le plus marquant dans sa campagne de classiques ne fut pas tellement sa classe et sa puissance, mais plutôt l'aplomb avec lequel il a géré tactiquement ses courses. Durant son doublé Flandres-Roubaix il n'a quasiment pas eu besoin de l'aide de ses équipiers, provoquant la décision tout seul, loin de l'arrivée. A chaque fois il se retrouva dans un petit groupe d'échappées et sut prendre les bonnes décisions: une attaque surprise contrant Van Petegem à 7 km du final du Tour des Flandres, un sprint royal et sans appel sur le vélodrome de Roubaix. Aucune faute tactique, une science parfaite, une énergie parfaitement maitrisée, ses victoires furent débordantes de facilité.

Autre grand homme de ce début de saison, Danilo Di Luca. Vainqueur de deux classiques: l'Amstel Gold Race et la Flèche Wallonne et d'une course par étapes: le Tour du Pays Basque. Dans un style différent c'est au sommet des bosses qu'il écoeure ses adversaires. Vainqueur de la même façon de ses deux classiques, il est vrai que la manière parait moins spectaculaire et moins offensive que celle de Tom Boonen, mais reste néanmoins ultra efficace. Seul bémol, un Liège Bastogne Liège très décevant, loin des hommes de tête que furent Vinokourov et Voigt. Actuellement sur le Giro Di Luca continue d'épater la galerie, il a remporté une étape, porté le maillot rose 5 jours et est actuellement en deuxième place, à seulement 25 secondes de Salvoldelli ! S'il n'est pas favori pour la victoire finale (Simoni et salvoldelli devraient être mieux placés à Milan) il pourrait néanmoins accéder au podium s'il reste sur ce niveau lors des dernières étapes de montagne. De quoi accroitre son avance au classement du Pro Tour.

Quant aux français, et bien c'est la catastrophe. Seul Laurent Brochard fait un minimum de figuration (mais encore, vraiment un minimum). Les seules victoires sont une étape de Moncoutié au Tour du Pays Basque et une autre de Charteau au Tour de Catalogne. Au classement général, Moncoutié est 26ème, loin, très loin de la tête. Pas de bon augure...

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